Proximus rachète totalement Unifiber : un tournant stratégique pour la fibre en Wallonie

Proximus prend le contrôle total d’Unifiber

Le groupe télécom belge Proximus a officialisé le rachat de la participation de 50,01 % détenue par Eurofiber dans Unifiber, la joint-venture créée pour accélérer le déploiement de la fibre optique en Wallonie.

L’accord, signé le 27 mai 2026 et finalisé ce 28 mai 2026, représente un investissement de 75 millions d’euros pour Proximus. Cette opération valorise Unifiber à environ 560 millions d’euros.

Avec cette acquisition, Proximus devient propriétaire à 100 % d’Unifiber et renforce considérablement son contrôle sur l’infrastructure fibre wallonne.

Plus de 300.000 foyers déjà concernés

Depuis sa création, Unifiber a joué un rôle majeur dans la digitalisation de la Wallonie. Le réseau couvre déjà plus de 300.000 unités d’habitation, dont environ 230.000 raccordées à la fibre.

L’entreprise a également finalisé la quasi-totalité des points de présence nécessaires au réseau.

Proximus reste aujourd’hui le principal utilisateur commercial de cette infrastructure, mais un protocole d’accord signé avec Orange Belgium pourrait bientôt permettre à davantage de clients d’utiliser le réseau Unifiber, sous réserve d’approbation réglementaire.

Pourquoi Proximus rachète Unifiber ?

Pour Proximus, cette opération est avant tout stratégique.

En prenant le contrôle complet d’Unifiber, l’opérateur souhaite :

  • réduire les coûts d’accès au réseau ;
  • simplifier la gouvernance et le financement ;
  • intégrer davantage les opérations techniques et informatiques ;
  • améliorer la rentabilité à long terme ;
  • accélérer le déploiement de la fibre en Wallonie.

Le groupe estime également que cette intégration permettra de générer des synergies financières et opérationnelles importantes dans les prochaines années.

Une ambition claire : 600.000 foyers raccordés

Malgré le changement de structure, Unifiber continuera à fonctionner comme une entité distincte au sein du Groupe Proximus.

Le modèle de réseau ouvert restera maintenu pour les opérateurs et clients wholesale déjà présents sur l’infrastructure.

L’objectif reste inchangé : atteindre 600.000 foyers raccordés à la fibre en Wallonie.

Des investissements toujours très élevés

Cette opération implique toutefois une augmentation importante des investissements pour Proximus.

Le groupe prévoit désormais un CAPEX pouvant atteindre 1,3 milliard d’euros en 2026. L’année 2027 sera même considérée comme le pic des investissements liés à la fibre.

À partir de 2028, les dépenses devraient progressivement diminuer pour revenir vers 1,1 milliard d’euros à l’horizon 2030.

Malgré cela, Proximus estime que les perspectives économiques restent solides grâce à :

  • la suppression des coûts d’accès au réseau Unifiber ;
  • une meilleure utilisation du réseau ;
  • l’arrivée potentielle des clients Orange Belgium ;
  • les futures synergies opérationnelles.

Proximus confirme ses ambitions financières

Le groupe belge maintient également sa politique de dividendes pour les prochaines années :

  • 0,30 € brut par action pour 2026 ;
  • 0,40 € brut par action pour 2027 ;
  • 0,50 € brut par action pour 2028.

Le ratio Dette nette/EBITDA devrait rester inférieur à 3x entre 2026 et 2028.

Le CEO de Proximus assume ce choix stratégique

Dans un communiqué, le CEO du Groupe Proximus, Stijn Bijnens, explique que cette acquisition vise à renforcer la maîtrise d’une infrastructure considérée comme critique pour l’avenir numérique de la Belgique.

Selon lui, même si le rachat entraîne une hausse temporaire des investissements, les bénéfices à long terme liés à l’exploitation complète du réseau fibre restent particulièrement prometteurs.

Une étape importante pour la Wallonie numérique

Avec cette acquisition, Proximus confirme que la fibre reste au cœur de sa stratégie pour les années à venir.

La Wallonie devient ainsi un territoire clé dans le développement du très haut débit belge, alors que la concurrence autour des infrastructures fibre s’intensifie entre les grands opérateurs du pays.

Source article : communiqué officiel de Proximus 

© Illustration générée par IA – BeDigital360.be

2 commentaires

  1. Bonjour

    Est-ce une bonne idée pour la concurrence ? C’est encore Proximus qui a la main sur l’infrastructure, comme l’a été la RTT/BELGACOM/PROXIMUS. N’aurait-il pas fallu mieux que cette infrastructure soit dans les mains d’un opérateur indépendant gestionnaire du réseau comme peut l’être Infrabel pour le rail ?

  2. Bonjour

    Et, pourquoi ne pas avoir fait un opérateur gestionnaire du réseau détenu en part égale entre les différents opérateurs (Proximus/Orange/Digi/Telenet) ? Ce qui aurait permis une meilleure ouverture à la concurrence, je pense.

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